La perspective ayurvédique
L'ayurvéda considère que toutes les maladies sont principalement causées par notre séparation d'avec nous-mêmes et d'avec notre essence divine. Qu'elle soit physique ou mentale, la maladie est une conséquence de notre ignorance de notre moi intérieur. "Selon les anciennes écritures védiques de l'Inde, il y a un objectif à la vie. Nous ne sommes pas nés simplement pour vivre, puis pour mourir sans un sens ou un but. Albert Einstein a reflété cette idée quand il a dit: "Dieu ne joue pas aux dés avec l'univers". L'ordre et la raison existent dans la vie. Selon la philosophie védique, la vie est divine et l'objectif de la vie est de réaliser notre nature divine intérieure. En termes ayurvédiques, plus une personne se rend compte de sa nature divine, plus elle est en santé." (Ayurveda Encyclopedia)
Je n'appellerais pas la dépression une maladie. Je pense que le terme est trop sévère et trop rigide. Si l'on considère la maladie comme une aliénation et un manque de contact avec la profondeur de notre être, alors oui, je suis d'accord avec cette appellation. Sinon, je dirais que la dépression est simplement une façon de retourner à soi.
La dépression est l'aliénation, la séparation d'avec ce qui est authentique en nous. Elle arrive lorsque nous ignorons nos besoins les plus importants et nos désirs en tant qu'êtres humains. La dépression vient à la suite de la séparation d'avec notre Soi, d'avec nos aspirations les plus profondes. Quand on la regarde de près, la dépression dévoile certains désirs secrets d'exploration. À l'enfance, on ne nous a pas appris à explorer, nous n'avons pas été encouragés à réaliser nos rêves. Notre société ne reconnaît pas l'amour, l'affection et la faiblesse comme étant des composantes importantes de notre structure. La plupart du temps, ce qui nous déséquilibre le plus et nous rapproche du sentiment d'inutilité ne vient pas de l'extérieur (la perte, la séparation, des changements importants), mais de notre sentiment de honte et du découragement à ne pas être en mesure de faire face à notre état.
Le plus souvent ce qui nous frappe le plus, c'est notre incapacité à faire face à une situation difficile. Nous avons l'impression que la vie n'est qu'une question d'être fort en ignorant complètement nos faiblesses, nos points sensibles, les zones encore en développement. Dans une société qui reconnaît et loue le mieux la force fait que nous n'avons pas le choix de nous sentir ineptes, indignes, sans espoir et rejetés au cours de périodes de dépression.
Les grands maîtres mettent souvent en valeur que le concept de l'ignorance est la cause de toutes nos souffrances. Lorsque nous en réfléchissons et que notre preception devienne plus profonde, nous comprenons - pas avec notre intelligence, mais par notre propre expérience directe - que l'ignorance voile nos perceptions et nous fait nous regarder nous-mêmes de façon très limitée. Nous avons besoin parfois de passer par un profond état dépressif pour comprendre que la culpabilité, la peur, le désespoir ne sont que des réponses conditionnées auquelles on est identifiées.
En en lisant plus sur ce que l'on appelle la maladie, pendant un moment nous pouvons nous sentir condamnées, sans espoir, indifféremment catégorisés "maladie dépressive" avec un futur apeurant: devoir prendre des médicaments et vivre avec leurs effets secondaires. Tout à coup nous ne sommes plus un être humain, nous devenons tout simplement un cas, une autre victime de la maladie. Cette perspective peut nous détruire ccmplètement le moral, nous pensons que nous sommes voués à une vie dans la dépression et nous perdons totalement l'espoir d'une chance de s'en sortir.